« One more time ? U còp de mei ? » 

Vous êtes nombreux à avoir répondu présent pour la Balade à Paris que nous vous proposions (complet aux 2 concerts ! ), nombreux à nous avoir envoyé de gentils messages, alors ni bis, ni ter, on vous dévoile un peu de ces mystères qui nous emballent lors de cette belle journée.

Notre samedi débute en fait le vendredi. On cherche encore la configuration zodiacale qui l’explique…Donc vendredi, c’est Générale. Les premiers musiciens arrivent bien à l’avance : il s’agit de s’installer tranquillement pour entrer non pas dans sa bulle, mais dans celle de l’harmonie. Avec douceur et délectation ! 

Dans le sas, Delphine peaufine l’installation de la terrasse de café imaginée il y a plusieurs semaines. Les tentures qu’elle s’est attelée à décalquer, peindre et colorier dès les vacances de février ont été installées par Thierry quelques jours plus tôt.

Mathieu Nogaro est là, bien sûr, attentif à chacun d’un regard, d’un mot : « prendre la température » le guidera dans ce qu’il nous dira, le choix des mots… Il sait que c’est l’aboutissement de 15 semaines de répétitions, un moment de partage qui donne son sens à notre passion, et veille à ce que nous en profitions !

Ce qui se passe à la générale restera entre nous. Il se dit que les mauvaises générales font les bons concerts… Les bonnes aussi semble-t-il ! 

Samedi

Dès 14h45, les premiers musiciens – une bonne quinzaine – sont là, vite rejoints par Charles qui ouvre le vestiaire. Certains sont déjà en tenue, d’autres en partie… Ces dames sont en basquettes : les escarpins sont réservés aux concerts.
On sort et monte l’instrument, avant de « chauffer », les uns dans les coulisses, les autres sur la scène. Chauffer : on souffle dans l’instrument pour qu’il prenne la température de la salle, on souffle et on joue aussi pour s’échauffer, tel un sportif !

15:14 (c’était vraiment 15h14 !). Le directeur musical prend place derrière le pupitre. L’atmosphère est à la fois détendue et concentrée. Il s’agit de retrouver nos marques, de nous assurer, de jouer ensemble, en cohésion.

15:55. Le raccord est terminé, une petite demi-heure que chacun occupe à sa guise : on se retrouve en petits groupes pour papoter, les uns (plutôt des hommes !) dehors, les autres (plutôt les dames) dans les coulisses.
Le quatuor de musiciens mobilisés sur l’accueil rejoint Delphine, qui les équipe d’un tablier noir et d’un torchon blanc : il faut qu’ils soient raccords avec le décor !

A quelques minutes du concert, les 60 musiciens se retrouvent en coulisse. Pupitre par pupitre on s’accorde. Et ensuite, quelques courtes minutes très apaisées : chacun rentre dans sa bulle, pour bien vivre ce grand moment.
Le Directeur musical ne laisse pas monter ses troupes sans quelques mots, ultime recommandation et mise en confiance. 

On entre sur scène, on s’assoit. Le Chef rejoint son pupitre, on se lève pour le salut collectif. Un regard, un silence… C’est parti.

Il faut que vous sachiez que seule – et encore, pas sûr ! – Delphine sait ce que seront les présentations. Les danseuses ne savent pas ce que sera le clip du 40ème arrondissement, Laurent découvre comment sont dits et illustrés ses textes, Mathieu peut être surpris par le sketch en direct…alors parfois on se tort le cou et on rit avec vous… et c’est bien agréable.

Aux derniers applaudissements du concert, chacun redescend ranger l’instrument. Quelques commentaires de félicitations réciproques, et l’on file retrouver amis et famille attardés pour les saluer : on aime bien avoir vos retours, toujours encourageants !

S’ensuit le casse-croûte, victuailles récupérées le matin par Thierry, Franck et Marion. On y glose un peu sur l’anicroche de la soirée, cet épi-phénomène dont fut victime notre chef : il doit parfois avoir bon do(s) avec notre phalange gentiment taquine.

Bref, on papote – un musicien qui ne joue pas sait être bavard – et on reprend des forces. On ne vous dira pas tout mais il y a un côté délicieusement régressif autour de cette tablée : fromages dans leur coque en cire rouge et mini-gourdes de compote sont prisés de toutes les générations !

Une fois requinqués, retour au théâtre, pour un nouveau raccord : le second concert, c’est un nouveau moment de partage ! Il faut donc d’abord refaire « orchestre », se reconcentrer, car oui, on est concentré même si on s’en défend ! 

Et puis de nouveau le rituel de la dernière demi-heure… petit changement dans l’ordre d’entrée en scène : notre sax. bar’ se laisse glisser après les euphoniums, histoire d’éviter un accrochage sur le praticable… Le comité d’accueil récupère qui trompette ou clarinette…
C’est reparti…

Fin de concert du soir : on donne tout dans le bis, dans le ter, dans le… et on est lessivé autant qu’heureux de ce que nous avons partagé !

Si on prend le temps de plier les chaises, descendre les petits praticables, si Delphine range avec soin tout son « barda » décoratif, on est heureux de retrouver les amis et la famille dans notre salle de répétition. C’est parti pour parler musique, plaisanter, sourire, rire : la vie jusqu’à pas d’heure…

Article rédigé par Laurent Mouriaux